Rilke

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samedi 19 mai 2018

ANNAPURNA - Montagne Polyphonique

"Annapurna, montagne polyphonique" : mon regard sur le livre *Annapurna, une histoire humaine*, de Charlie Buffet paru chez Guérin. L'histoire de ce sommet à travers ses ascensions et ses multiples échos. A lire dans le numéro de mai 2018 de Montagnes Magazine. 



mardi 17 avril 2018

Exercice d'admiration - Samivel pour ALPES MAGAZINE

Très heureuse de rejoindre la rédaction d'Alpes Magazine pour évoquer les classiques de la littérature alpine. Dans le numéro de ce printemps : Samivel.








Le OFF DES AUTEURS - La genèse de Pendant que les champs brûlent

Je venais d’atteindre l’île de Stagadon en kayak. L’île est déserte, avec un refuge ressemblant à ceux des montagnes. Mon compagnon de bordée pêchait, j’ai préféré lire Noces de Camus au soleil. La mer se dressait en épines d’oursin. J’ai été impressionnée par cette orgie de couleurs, de textures, de parfums, de lumières qui se dégageait du livre. C’était de l’émotion pure décuplée par cette île, ce lieu atypique qui commençait à m’envelopper et me façonner. Cela faisait des mois que je n’avais pas quitté Paris. La valorisation à outrance de la pensée m’avait usée. Je renouais avec l’idée qu’un écrivain est aussi un être de chair, et que l’on peut trouver une consolation dans la nature. Ma façon de vivre cette nature a toujours été de me confronter à elle. J’éprouve un lieu par son relief, ses vents, ses sommets, sa mer. Alors j’ai navigué, j’ai glissé, j’ai escaladé, j’ai skié. J’ai coïncidé avec tout ce qui respire. J’ai connu des heures de liberté instinctive, intense. Je me suis faite neige, eau, humus, roche. Avec l’exercice des sensations, on fouille l’opacité des corps. J’ai écrit mon dernier livre en parallèle, comme si le roman était le pendant méditatif de ces pratiques sportives. J’ai travaillé une écriture qui sollicite tous les sens. J’ai conçu ce texte en termes de territoires, tous rattachés à une émotion. L’amour est aussi très présent. On se lèche les paupières pour goûter les rayons de soleil dans nos rétines. Je souhaitais créer un texte brasier, un condensé de moments incandescents, sans espoir, sans lendemains, sans souvenirs. Les souvenirs sont des reconstructions de reconstructions, cela ne m’intéressait pas. J’ai préféré épingler les émotions. Je voulais capter la brûlure, le sentiment vif.  Ce qui crépite, épaissit le sang, à la fois consume et vivifie.